Et de femme bien sûr, je ne suis pas là pour vous choquer directement dans mon titre, naturellement.
Pendant de longues heures, on se demande vraiment quel est notre rôle dans l’accouchement, nous, papa… Etant donné cette expérience unique, je vous propose donc de partager mon point de vue d’homme. J’espère que ce post permettra quelques échanges avec les futurs papas perdus ici, dans les flots du web.
Pour ma part, j’ai été convié à participer à un cours de préparation à l’accouchement. Très bonne démarche me direz vous, bien sûr. La seule fausse note a été l’arrivée du petit Léo le vendredi, pas pratique lorsque le cours est prévu le samedi qui suit. Soit.
Improvisation totale donc pour mes premiers pas de papa (trop de pas tue le pas, ainsi soit-il). Et ce, dès le matin, 8h où vous êtes conviés aux urgences donc. Dans un premier temps, vous avez le sentiment que votre rôle se limite à la logisitique de l’événement (même si la maman se raccroche à vous, comme un petit enfant perdu, ben oui, vous auriez fait quoi à sa place ?). Là , votre dulciné est prise en charge. Vous suivez un peu bêtement le mouvement, sans trop rien comprendre. Si vous avez de la chance, on vous explique ce qui va se passer, à vous papa. Si vous tombez sur une sage-femme qui s’interdit toute parole avec un homme, vous n’avez plus qu’à interpréter ou poser des questions à votre moitié, tant qu’elle peut encore vous répondre.
Bref, courage, garçon ! Vous vous rendez compte très vite du rôle social, que dis-je, émotionnel que vous devez avoir envers la femme qui porte votre enfant (et qui change complètement à vos yeux, elle qui a accepté de partager ce moment avec vous, et avec vous seul, rendez-vous compte !). Au placard donc les retenus, vous êtes entiers, là , pour elle. Votre devoir est de partager, de réconforter, de rassurer.
Une fois que vous avez stabilisé émotionnellement le destin qui se joue sous vos yeux, vous décidez, à ce moment, de le maîtriser. Je me suis suis convaincu d’égayer de mon possible cette journée unique. Bien sûr vous stressez, vous n’êtes pas dans les meilleures conditions. Essayez toutefois de vous exprimer. Pour ma part, cet accouchement aura été placé sous le signe de la douceur / bonne humeur. Cela peut paraître curieux comme approche. Je pense cependant avoir contribué, à ma manière, au bon déroulé de la journée. Mary aura eu le sourire jusqu’au bout, et c’est bien là l’essentiel.
La journée continue, on vous annonce son point final. Vous flippez, vous n’assimilez pas, vous vivez votre propre rêve. Vous n’êtes plus conditionné par votre nature à ce moment, c’est la nature qui vous conditionne. Vous ne réfléchissez plus, vous agissez, d’un naturel déconcertant. Vous vous accrochez à votre moitié, vous lui faites passer tous les sentiments les plus sincères que vous avez enfoui au fond de vous même. Le voilà arrivé, vous avez fait votre possible, vous avez joué votre rôle, cela vous tenait à coeur, vous éprouvez une profonde satisfaction devant une telle situation, au bord de l’irréel. En clair, vous avez trouvé votre place dans ce trio de vie.
Bon, pour ne pas faire trop dans l’éloquence verbale un peu trop pompeuse, je vous propose de nous intéresser maintenant aux petits détails croustillants de la journée (au format bullet point, les amateurs s’en réjouieront).
- Sur l’écran de la machine dans la chambre, il était écrit “Général Maryline Jégou”
- Cette machine portait le doux nom de “Fabius” (sic)
- Une prise “Sega” à côté de l’oxygène était présente pour les gamers.
- Lorsque l’infirmière m’a demandé si je voulais le prendre, j’ai dit “non”. (trop peur de désarticuler l’énergumène)
- “Vous voulez couper le cordon ?” : bien sûr que non, la main gauche pour la maman, la main droite pour éviter de m’affaler par terre.
- Pour célébrer sa venue au monde, le petit Léo a décidé de sagement remercier l’infirmière en lui dédicacant sa première petite envie urinaire sur sa blouse.
Vous rentrez ensuite à la maison, et ça, c’est ce qui vous permettra de continuer ce blog qui vous a tant aidé à partager cette expérience (Toujours accompagné du point de vue de la maman, naturellement). Donc je vais m’arrêter là pour ce post. Pour les photos, vous attendrez encore un peu. Les soirées sont bien remplies et j’ai des couches à changer, moi. (ca va venir, ce week-end au pire).
Aller, bisous.
Greg